Sur le parking de la cité au milieu des voitures dans un cercle parfait les oreilles dressées ils étaient réunis.
Ils n'ont même pas bougé quand on s'est approché.
La lune était bien claire un croissant dessiné dans le ciel étoilé jetait sur le colloque une lueur divine
Etonnant, incongru, sur le bitume installés une dizaine de lapins se tenaient attentifs.
Incrédules, on n'a pas voulu les déranger dans leur conciliabule. Nous étions étrangers dans l'univers d'Alice alors tout doucement nous nous sommes écartés...
Les chats pour l'occasion avaient laissés la place et du haut des balcons suivaient attentionnés les silencieux débats.
Pourtant les champs pas loin regorgeaient d'herbe tendre. Une question d'importance les avaient cette nuit malgré le froid piquant rassemblés dans l' urgence.
Lapinous des campagnes; lapinous des cités nulle peur de se voir d'une main leste, d'un geste déterminé, par une ménagère inconnue transformer derechef en des lapins civets.
Moments de poésie volés à cette nuit offerts aux couche-tard qui des écrans tactiles loins des spots des télés, avaient désertés l'attrait.
Pourtant d'aucune fenêtre un visage penché n'assistait, curieux spectacle, à l'étrange ballet des lapins en balade.
Les bâtiments lugubres les portes en ferraille les peintures délavées les poubelles renversées des épaves de bagnoles un vieux frigo foutu un canapé troué.... cité tristesse, cité détresse..
mais là sur le sol gris quelques boules de poils sautillant gambadant réchauffaient la cité donnant à cette nuit un mystérieux parfum d'éternité empli....